NOTES ARCHEOLO-

GIQUES ET HISTORIQUES            SUR LA COMMUNE D'EVENOS

par l'abbé Saglietto de l'Académie du Var


Mr l'abbé Saglietto qui fut curé d'Evenos dans les années 30 a recueilli une impressionnante documentation sur notre commune. Ces "notes" ont été publiées sous forme de simples brochures à cette époque. Il a été difficile d'en retrouver un exemplaire, cependant nous sommes maintenant en mesure de vous faire apprécier les savoureuses informations puisées par ce chercheur opiniâtre. Nous lui laissons la plume!

   "Il n'est pas possible de donner une date précise à la fondation du village actuel (Evenos), à peine si sa position cachée sur les pentes nord du promontoire qui lui sert d'assiette, nous permet de le faire remonter à l'époque où les dangers d'attaques venaient du sud, de la mer, c'est à dire lors des invasions sarrazines.

Durant la période Gallo-romaine et la première partie du Moyen-Age, son emplacement était occupé par les ruines d'un castellas Ligure dont les matériaux servirent plus tard  à l'édification du château et de ses défenses.

En effet à quelques mètres de la seconde enceinte, grâce à la construction du petit sentier qui relie les fortifications  médiévales avec le beau domaine d'Evette. Nous découvrîmes en 1912, presque à la surface du sol, d'abondants vestiges néolithiques, plus de 150 silex, grattoirs, poinçons, pointes de flèches, lames tranchantes ou dentelées, burins, de nombreux fragments de poteries grossières ornées de dent de loup ou de scie, plusieurs haches en pierre polie, dont une remarquable par ses dimensions, des débris de vases attiques, une épingle de bronze, etc...

Tout ce que nous savons des habitants de cet oppidum c'est qu'à la paix romaine, ils s'éparpillèrent sur le territoire du clan, ayant à peu près l'étendue de celui de la commune actuelle. Nous avons compté de cette époque plus de trente stations, toutes marquées par des débris de dolia, d'amphores, de tuiles à rebord, de meules portatives, d'une vaisselle fine richement décorée de figures en relief, de lampes funéraires. 



DONJON

Quelques unes d'entre elles nous ont livré des monnaies de la République et de l'Empire           ( romain), d'autres, des pièces marseillaises de la même époque. A la suite de quel bouleversement social cette population disséminée comme elle l'est aujourd'hui, pour ne pas dire davantage, s'est-elle vue contrainte de se grouper et de former le village dont il ne reste plus de nos jours que quelques maisons noyées au milieu des ruines ?.

La tradition veut que nous en trouvions la raison dans la peur inspirée par les invasions répétées des maures pendant le IX, X, XIe siècle. Nous savons en effet comment à cette époque Toulon et ses environs furent terriblement ravagés à trois reprises différentes. L'effoi semé par la cruauté des barbares ne pouvait manquer de pousser bon nombre de fugitifs à rechercher un refuge sur les hauteurs d'Evenos pourvues d'une eau abondante et dont les abords étaient fortement défendus par des gorges profondes.

C'est probablement  à cette époque que remonte la construction du château. Ses restes imposants font encore l'admiration des archéologues. Nous ne croyons pas qu'il y ait en Provence des féodales dont l'impression de force et puissance se dégage mieux que ces énormes murailles.

D'aspect sévère et sombre, la vieille forteresse repose sur une plateforme rocheuse dont les apics sur les deux tiers de son pourtour ont une hauteur de dix mètres. Son donjon, de forme pentagonale, malgré les démolitions successives que les habitants lui firent subir pendant les derniers siècles dans l'unique but de s'approprier les belles pierres équarries et de les faire servir à la construction de leur maison de campagne, mesure encore 12 mètres ce qui ajouté à l'élévation de son assiette met son sommet à 22 mètres du sol.

Situé à l'extrême nord-ouest du plateau rocheux et formant éperon, il présente son arrête vive vers le seul côté par où l'ennemi pouvait l'aborder. La seule salle qu'il renferme est une chapelle dédiée à St Pierre, restaurée en 1906 par Mr Imbert de la Phalecque. Parfaitement orientée, elle donne les dimensions de 7m50 sur 3. Si la voûte romane, sans arceau , se termine à son chevet par une abside percée en son milieu d'une longue et étroite meurtrière."

LE VILLAGE D'EVENOS

 le récit de l'abbé Saglietto

"Pour donner au village naissant une sécurité  plus complète, le maître de la Place fit édifier la première enceinte en même temps qu'un bassin- citerne destiné à l'alimentation des assiégés en cas d'attaque.

A la suite de nombreuses dévastations commises tout le long du littoral pendant le XIIe siècle par les maures, la petite agglomération du rocher d'Evenos, s'augmentant de nouveaux fugitifs , déborda sur le versant nord, sous le donjon. Minuscule chapelle du château ne suffisant plus on éleva une église plus spacieuse( sous la tour grande) qui devait devenir plus tard, d'après un inventaire de 1590 la chapelle du St Esprit. Ce nouvel accroissement nécessita une extension des premiers remparts, aux flancs intérieurs desquels vinrent s'accrocher de nouvelles habitations. Il nous faut renvoyer à bien plus tard, peut-être au XVIe siècle, la construction de la seconde enceinte dont les éléments de composition et surtout leur arrangement sont très différents de l'ancienne.

Le siècle suivant vit s'aligner les maisons de la bourgade, qui pour n'avoir pas trouvé place à l'intérieur  des fortifications, ne comptaient pas moins sur la sécurité fournie par les remparts à l'heure du danger.

C'est probablement pour donner satisfaction à cette fraction imposante du bourg, qu'au XIIIe siècle fut bâtie hors les murs juste en face de l'unique porte du castrum. Ses dimensions bien supérieures à celle de sa devancière, située nous l'avons vu sous la Tour Grande, prouvent également une sérieuse augmentation de la population, dûe peut-être aux ravages causés par les pestes qui régnaient dans la région.

Nous touchons ainsi l'époque où le village d'Evenos avait atteint son plein développement et où, par coquetterie, ses rues commencèrent à porter chacune un nom: la rue du Portail, celle de l'Escaillon, du Bon Temps , de la Caranque, etc...ainsi qu'en témoigne le livre terrier de 1590.

RUE NEBRE

La prospérité du bourg n'alla pas sans celle du terroir. Les bouches  s'étant multipliées, il fallut nécessairement demander à la terre de quoi les nourrir. C'est de cette époque que datent ces nombreuses murailles destinées à soutenir le sol arable des versants des collines, aujourd'hui envahies par les essences forestières, de même que les multiples tas de pierres des hauts plateaux  et même des sommets, marques évidentes de leur mise en culture. Il n'y avait pas de bois"en" Christine, à Venette, à Cimaï, à Ville, à la Colle, sur les pentes de Marou, aux alentours de l'Aire Profoundado, la moitié moins dans la vallée du Destel, en Morière, très peu en Reppe, etc...

Les principales cultures qui suffisaient  alors, étaient le froment, l'olivier et la vigne. La farine sortait du moulin de la Foux, dont on voit encore les ruines, l'huile des moulins de la rue du Portail et de celle du Bon-Temps, et le vin des "caucadisses" situées près des cuves ou tonneaux dans les maisons de propriétaires.

La population d'Evenos, dans la première partie du XIVe siècle pouvait s'élever à 600 âmes environ. Entassée, comprimée sur un espace réduit, elle ne devait pas tarder dans les périodes de sécurité qui suivirent, à vouloir revenir sur les divers points du territoire ou de la région, que les anciens avaient dû abandonner sous l'empire de la crainte; les travaux agricoles y étaient moins pénibles et donnent un meilleur rendement, les hivers moins rigoureux et le commerce des divers produits, plus facile,  pour ces raisons donc, l'exode commença et suivit une progression constante jusqu'à mettre en danger au bout d'un certain nombre d'années, l'existence même de la commune.

En l'année 1577, le livre terrier comptait 252 propriétaires, dont 100 habitaient Ollioules, 32 à Toulon, 11 Le Revest, 10 Le Beausset et 98 Evenos. Si maintenant, de ce dernier chiffre nous retranchons tous ceux qui s'étaient fixés aux quartiers soit du Broussan, soit de Ste Anne, c'est à dire la moitié, il nous reste le petit nombre d'une quarantaine . A cette époque, par conséquent, il y avait déjà beaucoup de vide dans le village.

Sans doute, la plupart des maisons inoccupées s'ouvraient encore le dimanche, parce que leurs propriétaires venaient régulièrement de leur campagne à l'église, remplir leurs devoirs religieux, mais combien de celles possédées par des ollioulais ou toulonnais restaient obstinément closes, accusant de plus en plus un abandon qui ne faisait que précipiter leur ruine."

NEBRE V AVION

Suite du récit de l'abbé Saglietto

EVENOS au XVIIIe siècle, la grande misère.

"En 1709, quantité de propriétaires, dont le nombre était loin d'avoir diminué pendant le cours du XVIIe siècle, se désintéressant totalement des terres qu'ils possédaient sur la commune, avaient cessé d'en payer les tailles. Dans la délibération du 21 mars 1712, le conseil communal se plaint de cette négligence et décide une démarche auprès du Sénéchal de Toulon, afin d'en obtenir l'autorisation de vendre les biens qui, depuis quelques années, ne rapportaient plus rien au fisc. Cette mesure n'eut aucun succès.

L'ordonnance royale du 6 novembre 1717, exemptant les acquéreurs des biens abandonnés de tout impôt pendant 5 ans, n'amena pas de meilleur résultat. Etait-ce parce que l'administration communale avait manqué de zèle ainsi que les consuls en font l'aveu au cours  d'une séance de l'année 1724 ?. La chose est fort douteuse puisqu'en 1736, elle se voit obligée de reconnaître que la moitié du terroir est inculte et abandonné à la commune. Il est facile de comprendre comment ce délaissement toujours croissant des terres alourdissait de plus en plus les tailles des autres propriétaires. Aussi leurs plaintes répétées, plus que justifiées, provoqua la déclaration royale du 25 octobre 1767; elle est en quinze articles dont  voici les principaux:

art.VI- Les défricheurs jouiront de l'exemption de la dime pendant 15 ans.

art.VII- Les biens (incultes depuis 40 ans) défrichés ne seront pendant 15 ans imposés ni en argent ni en fruit et cela aussi bien de la part du royaume, de la province que de la communauté.

art. XII- Les étrangers qui se rendront en France pour défricher seront réputés régnicoles et jouiront comme tels des mêmes avantages que ceux dont jouissent nos sujets .

Malgré ces avantages considérables, les acquéreurs ne se présentèrent pas. Et, c'est ainsi que le rendement du territoire communal continua à s'appauvrir pour n'être en 1780 qu'un tiers de ce qu'il était un siècle auparavant.

Les raisons de cet abaissement extraordinaire  nous les trouvons d'abord dans la configuration du sol, tourmenté, fait de hautes collines rocheuses, de vallées étroites et profondes et n'offrant de surfaces planes que pour un dixième de son étendue.

NEBRE DIABLE

La culture des sommets rocailleux comme des pentes étaient difficile. Si le rendement des parties basaltiques se montrait généralement satisfaisant, celui par contre des régions calcaires exigeait un pénible labeur et surtout l'aide onéreuse  d'un fumier abondant. Un arrêté du conseil communal du 29 novembre 1737 portant défense aux bergers ou propriétaires de troupeaux de vendre le fumier aux étrangers sous peine de trente livres d'amende et la confiscation, nous révèle le rôle important que jouaient les engrais dans la culture des terrains.

A ces obstacles émanant de la nature des lieux, vinrent s'ajouter l'épreuve des froids terribles qui sévirent pendant le cours du XVIIe siècle.

La neige de l'hiver 1709 empêcha les semailles et nécessita deux emprunts de blé tandis que de son côté le froid brûlait les oliviers, figuiers, vignes, pins et chênes. Même calamité en 1713 et en 1756.

Le compte-rendu des délibérations de l'époque souligne la misère noire de la plupart des habitants qui furent obligés d'aller chercher du travail soit à Ollioules soit à Toulon pour ne pas mourir de faim.

Mais une des principales causes de l'abandon du sol fut surtout l'impôt . Evenos, au lieu de bénéficier d'une réduction de tailles à chaque nouvel affouragement, par suite de la diminution progressive de sa population se voit au contraire chaque fois écrasée par de plus lourdes charges financières. Le conseil communal ne cesse de protester. Il le fait en des termes particulièrement émouvants en 1735. (Toutes les récoltes du sol, dit-il ne suffiraient pas à payer les tailles dues per les propriétaires dont la moitié sont devenues communales du fait de leur délaissement.) Rien n'y fait, toutes les réclamations restent sans réponse et sans effet. Cette obstination de la part des procureurs du pays à ne pas faire droit à ces légitimes revendications, finit par exaspérer les chefs de famille qui, réunis en assemblée générale le 1er juillet 1780, firent éclater leur indignation en déclarant leur résolution d'abandonner leurs terres plutôt que d'en payer désormais les tailles.

Le maire Adrien eut beaucoup de peine à calmer les esprits; ses efforts dévoués eurent pourtant raison de leur résistance en cette terrible année 1780, à une décennie de la Révolution."

MAIS ST ESPRIT

Maison du St Esprit, siège des consuls d'Evenos.

LE CONSEIL COMMUNAL

Toujours avec l'abbé Saglietto, nous abordons ici un passage particulièrement intéressant de la vie de la commune à travers les siècles: l'élection des consuls.

"Nous trouvons en 1602 le conseil communal composé de deux consuls, de trois conseillers, deux estimateurs, deux auditeurs de compte et d'un trésorier. Le premier consul présidait les séances qui avaient lieu tous les mois, proposait la matière à discussion  et veillait à l'exécution des résolutions prises. Le deuxième consul remplaçait le premier consul en cas d'absence.

Durant le XVIIe siècle ces deux personnages étaient indifféremment pris parmi n'importe quels  habitants du territoire, mais à partir du XVIIIe siècle, l'un devait être choisi parmi les électeurs du village et l'autre parmi ceux du Broussan.

Le rôle des conseillers était assez effacé, ils s'occupaient surtout de la police locale et négociaient les affaires de la communauté, soit à Toulon, soit à Aix quand elles étaient importantes. Les estimateurs étaient chargés de répartir les tailles, de régler les affaires de bornage, de juger les différents à propos des chemins publics, des murs mitoyens ou des fossés, de constater les dommages faits aux champs et de se prononcer sur les indemnités dues. Les auditeurs des comptes avaient le contrôle de la gestion financière; ils vérifiaient les recettes et les dépenses de l'année obligatoirement soumises à leur approbation. Au trésorier était confiée la garde de la caisse destinée à recevoir les revenus communaux. Il tenait un compte exact des entrées et des sorties qu'il n'effectuait qu sur le mandat des consuls et après décision  du conseil.

Ainsi composé, le conseil communal avait à son service un secrétaire-greffier, généralement un des notaires d'Ollioules, chargé d'assurer la correspondance de la municipalité et de relater sur les registres, le compte-rendu des délibérations, et de plus, un valet de ville dont les principales attributions étaient d'annoncer chaque mois aux membres de l'assemblée communale le jour et l'heure de la réunion et de publier au son du tambour les arrêtés municipaux."

"Pendant le cours du XVIIe siècle , sur la demande des forains ( propriétaires terriens d'Evenos ne résidant pas sur la commune), très nombreux, nos édiles durent s'adjoindre deux syndics auxquels étaient confié la mission de défendre leurs intérêts.

La tenue des séances ne pouvait se faire qu'en présence du bailli, que le seigneur choisissait parmi les hommes au courant des lois et des règlements de police.

Ce personnage étaient rarement pris dans la localité où les compétences faisaient généralement défaut mais le plus souvent dans les bourgs plus importants, ce qui rendait la plupart du temps son ministère difficile, à une époque où les moyens de locomotion étaient loin d'être ce qu'ils sont aujourd'hui. Aussi leur absence était-elle fréquente et justifiait ainsi les plaintes répétées de l'administration communale qui en 1730 décida de se pourvoir auprès du parlement contre le seigneur pour l'obliger à choisir désormais son officier de justice parmi les habitants résidant sur le territoire de la commune.

Les élections pour le renouvellement du conseil avaient lieu tous les ans le dimanche qui précède la Pentecôte, à l'issue de la grand-messe. Ces réunions plénières, composées de tous les chefs de famille se tenaient dans la salle du premier étage de l'Hôtel du St Esprit (devenu la mairie annexe de Nèbre), quelquefois sur la place de l'église St Martin où se trouvaient des bancs de pierre.

Le premier consul ouvrait la séance par l'appel nominal des membres convoqués et proposait ensuite son successeur  à l'assemblée qui approuvait ou rejetait par la majorité ou la minorité des votes. Le même procédé était employé pour la nomination du second consul et des conseillers. Selon la coutume de tout temps observée, on désignait, sitôt après les élections les prieurs du St Esprit, de St Martin et du St Sacrement.

La principale préoccupation des nouveaux élus était de déterminer le chiffre devant servir de base à l'impôt, les satisfactions à donner, soit aux droits seigneuriaux soit aux réclamations des administrés qui venaient...ensuite (!). L'obligation qu'il y avait pour chacun des membres du conseil de désigner son successeur l'empêchait de solliciter avec décence, le renouvellement de son mandat, auquel d'ailleurs il ne tenait pas, l'ayant accepté l'année précédente plutôt par devoir que par ambition."

Coups bas, traitrise, forfaiture, perfidie..


Un catalogue impressionnant des passions villageoises sur notre commune au XVIIIe siècle.
Voici un passage homérique puisé dans les carnets de l'abbé Saglietto . Une vraie querelle de clocher comme on en fait plus, encore que....


"Avec le XVIIIe siècle, les assemblées du conseil communal devinrent un véritable terrain de lutte où les intérêts divers des hameaux et du village vinrent s'affronter souvent avec une violence homérique .
Parmi les questions soumises à ses délibérations, celle qui avait trait à l'érection d'une "succursale" au Broussan fut la plus passionnément bruyante.
Une des questions à remplir, et non pas la moindre pour obtenir la conversion de la chapelle de ce hameau en paroisse, était de joindre à la requête un avis favorable du conseil communal. Or là gisait l'obstacle. Les intéressés  sachant qu'ils ne trouveraient point dans cet organisme une majorité docile, résolurent de recourir à la ruse. On garderait d'abord le silence le plus absolu sur le projet en question, puis on profiterait du jour où les absences donneraient au second consul et aux conseillers du Broussan la maitrise de l'assemblée communale, qui généralement se réunissait tous les mois, pour enlever un vote conforme à leur dessein.

L'occasion guettée s'offrit le 4 septembre 1718. Parfaitement au courant des empêchements divers où se trouvaient le premier consul et la plupart des chefs de famille du village, les habitants du Broussan se portèrent ce jour-là en foule à l'Hotel de ville, et comme la question à traiter était de première importance, ils décidèrent de tenir  une réunion générale, à laquelle prirent part trois conseillers d'Evenos seulement. Dans ces conditions plus que favorables, ont eu vite fait d'envisager les motifs qui militaient en faveur de la succursale et d'arrêter en fin de séance l'urgence de son érection. Un compte rendu de la délibération fut prestement rédigé et joint au dossier qui, confié à deux avocats de Toulon mit l'affaire en cours.

L'autorité diocésaine fit longtemps attendre sa décision, peut-être parce qu'elle se rendait compte de la division profonde qu'elle entrainerait au sein de la population. Enfin toutes raisons pesées et après avoir fait accepter les conditions qui devait assurer la vie du succursaliste, son Official rendait le 25 mai 1792, un jugement par lequel le hameau du Broussan devenait paroisse.
A la nouvelle de cette sentence qui détachait désormais du point de vue religieux le Broussan d'Evenos, la population du village (Evenos) se ressaisit dans une profonde indignation, doublement atteinte et dans sa dignité et dans ses intérêts."


NEBRE CAUME






"Le premier consul convoqua immédiatement le conseil général auquel les électeurs du Broussan se rendirent en masse accompagnés de leurs femmes et enfants dans le but méchant d'empêcher toutes délibérations.
Mais la fermeté du président Vidal déjoua leur calcul. Celui-ci en effet, sitôt après avoir ouvert la séance, se mit à leur reprocher en quelques mots et avec force leur perfidie, puis avant même qu'ils eussent le temps de protester, il réclama du lieutenant leur expulsion immédiate de la salle (afin dit-il, que l'on puisse traiter les affaires communales dans l'ordre et la paix).

Cette déclaration énergique provoqua naturellement un violent tumulte parmi ceux qu'elle visait. Au milieu du bruit assourdissant, les deux camps au complet, puisque outre les membres convoqués chacun avait son seigneur, s'invectivaient avec forces menaces, à tel point que le bailli, craignant qu'ils en vinrent aux mains se décida à faire évacuer la salle. La séance suspendue pendant quelques instants fut reprise par les membres de la majorité  seulement après avoir arrêté les démarches à suivre pour faire casser la délibération de 1718, ils décidèrent à l'unanimité de donner sans tarder un nouveau règlement  au conseil, lequel empêcherait à l'avenir le retour des désordres dont on avait eu à souffrir et enlèverait aux électeurs du Broussan tout espoir de s'emparer, à la faveur des troubles, de la direction même momentanée des affaires communales.

Le projet du nouveau statut fut déposé le 15 juin suivant, sitôt après le renouvellement des membres du conseil communal, sur la table de l'Hôtel de ville, par le consul Piston, qui ayant fait l 'exposé des motifs, le soumit sans délai à l'élection, malgré  les protestations  du second consul Giraud et le fit adopter par 12 voix contre 11.
Le P.V. du vote de la résolution immédiatement établi, fut adressé au parlement qui mit deux ans à donner une réponse par laquelle il autorisait la commune d'Evenos à nommer une commission chargée d'élaborer le règlement en question...."

PLACEBROUSSAN

Joyeuse partie de boules  sur la place du Broussan dans les années 20.
                              Notez l'absence de bitume...
Source :L.Fracchia

LE BROUSSAN

La brousse fabriquée jadis par les habitants du Broussan serait à l'origine du nom de ce hameau. D'après l'abbé Saglietto, notre chroniqueur communal, ce serait plausible car au XVe siècle, les principales ressources des broussanais se trouvaient être d'origine laitière et fromagère.
Suite du feuilleton...


"Situé au pied du Mt Caume, au milieu d'une cuvette, entouré de hautes montagnes presque sur les bords dénudés du torrent du Destel, ce petit hameau tel qu'il est, n'est pas antérieur au XIVe siècle.
Son origine ne parait pas être différente de celles des autres agglomérations du quartier qui, comme leurs noms l'indiquent "les Ferrands" les "Cadières" se sont effectué avec le développement et la prospérité des premiers foyers.
A cette époque
, les familles d'une même souche ne tendaient pas à se dissocier comme de nos jours (1927): elles se soudaient au contraire les unes aux autres, guidées surtout par un sentiment profond de respect et d'amour pour les vieux dont les conseils, basés sur une large expérience étaient toujours écoutés. C'est sans doute parce que celle du Broussan marcha dans cette voie pendant plusieurs générations qu'elle s'étendit toujours davantage et finit par donner son nom à toute la région.

Bien que l'acte de naissance que nous accordons aux diverses habitations de cette partie du territoire communal ne remonte pas au delà de l'époque moderne, il ne faudrait pas conclure  cependant que son sol n'ait pas été débroussaillé et mis en culture plus anciennement.

Au commencement de notre ère, l'aspect de ce quartier ne devait pas beaucoup différer de celui que l'on a de nos jours. Nous avons constaté en effet ainsi que nous le disions au commencement, des vestiges assez abondants de l'époque Gallo-Romaine consistant en débris de tuiles à rebords, amphore, dolium et même des vases samians, à l'entrée des gorges du Destel, aux Cadières, à la Reboule, près du Château, à l'Auberte, aux Sambles, etc, preuve évidente que ces lieux étaient déjà exploités en ce temps-là.
A la suite de quel bouleversement cette population  agricole s'éclipsa-t-elle?. Encore une fois, c'est le secret du passé, secret qui pourrait s'éclairer  sinistrement un jour, à la lumière des violences calamiteuses que nous préparent l'immoralité et l'indiscipline contemporaine...(1927)"


"Quoiqu'il en soit, il nous faut arriver au XVe siècle pour retrouver de nouveau de la vie dans ce quartier. Tandis que celui de Ste Anne fut plus lent à fixer sur son sol, fertile cependant, ses propriétaires. Le Broussan, lui, réalisa plus d'un siècle auparavant  l'habitation de ses campagnes. Nous en trouvons la cause dans l'avantage qu'il y avait d'être situé sur la voie royale de Toulon à Marseille et au carrefour de deux autres chemins royaux , Toulon-Le Beausset par l'Ero Profundado et les Quatre Chemins, et Toulon-Evenos-La Cadière par le Val Aren.

Evidemment cette position de choix à la première étape d'une ville importante, sur le passage par où s'écoulait le commerce régional, ne pouvait qu'attirer  les plus entreprenants des habitants du village d'Evenos.

La Bastide Vieille et l'Auberge, transformées plus tard en maison seigneuriales, furent sans doute les premières habitations. Le hameau avec sa "carrière franque"(!) était déjà formé au commencement du XVIe siècle. Le livre terrier de l'époque compte une dizaine de fermes disséminées  dans les environs.

Ce que les voyageurs trouvaient en abondance au Broussan et qui était en même temps une des principales ressources des habitants, c'était le laitage et  le fromage; chaque famille avait son petit troupeau de chèvres qu'elle faisait paître dans la forêt.

Grand fut l'émoi lorsque le onze décembre, un arrêt du Conseil d'Etat vint obliger les propriétaires de ces animaux à s'en défaire
" sous peine de 100 livres d'amende et la confiscation" parce que, y était-il dit, "ils mettent les forêts de la Provence en très mauvais état, en broutant les bourgeons à mesure qu'ils poussent, ce qui en prive les arsenaux du bois nécessaire à la construction des vaisseaux de sa majesté ".

L'intérêt en jeu était trop grave pour que les propriétaires du Broussan acceptassent facilement de se conformer aux nouvelles prescriptions. Moyennant quelques précautions prises contre l'éventualité d'une investigation de police, ils conservèrent leurs chèvres et continuèrent à les nourrir  dans la forêt..."

ROBEUF

Depuis l'antique site d'Orvès, vue sur Roboeuf.

Connaissez-vous l'antique village d'Orvès ?
Saviez-vous qu'il était au Moyen-Age le centre d'une intense activité, agricole et pré-industrielle ?
Encore une fois l'abbé Saglietto nous guide...


"Au nord du Mt Caume s'étend l'aridité d'un plateau rocheux, sillonné çà et là de vallonnements jadis cultivés, qui porte dans le cadastre actuel le nom d'Orvès.
Orvès au Moyen-Age était une petite commune dont le village fortifié s'élevait sur un rocher, au nord de la ferme de Roboeuf. Ses ruines quoique réduites sont encore apparentes. Le 11 mars 1141, le pape Innocent II confirme les droits de l'évêque de Marseille sur le castrum d'Orvès.. Même confirmation en 1148 de la part d'Eugène III en faveur de l'évêque Raymond II.

Un diplôme de l'empereur d'Allemagne Frédéric I , daté de Pavie et adressé à l'évêque Pierre II, reconnaît les mêmes droits épiscopaux. Cette possession de l'église de Marseille lui venait des évêques Pons I et Pons II qui la tenait de Guillaume I, vicomte de Marseille.

Au XIIe siècle nous trouvons les chartreux de Montrieux propriétaires d'une partie du territoire d'Orvès. Ils achetèrent en 1170 au chevalier Pierrre pour 1700 sous et avec le consentement de l'évêque Foulque de Thorame, une grande pièce de terre sise non loin du castrum, qu'ils acquirent d'ailleurs en partie trente ans plus tard.
La générosité de Guillaume, seigneur de Signes et surtout celle d'un nommé Martin, accrut considérablement la possession de ces religieux dans ce quartier, qui, vers la fin du XIVe siècle finit par leur appartenir intégralement à la suite d'un échange fait avec l'évêque de Marseille, échange par lequel celui-ci cédait aux pères tous ses droits sur Orvès contre quelques unes de leurs terres situées dans la vallée du Gapeau.

Sans vouloir nous étendre sur les bienfaits que les chartreux répandirent dans toute la région, nous devons mentionner toutefois, en même temps que les services rendus à la municipalité, ceux en outre par lesquels ils encouragèrent l'agriculture et initièrent les habitants du pays à certaines branches de l'industrie dont les traces se voient encore sur le sol.

Grâce à leurs bons offices le conseil réussit à faire payer par certains propriétaires appartenant à la noblesse et malgré leurs protestations, les tailles auxquelles étaient soumises leurs terres roturières situées dans les limites de la commune."

CASTRUM TIP

"De la petite plaine d'Orvès dont une bonne moitié aujourd'hui se trouve en friche ainsi que les terrains situés aux fonds des vallonnements, ils retiraient chaque année plus de 150 charges de blé.

Cette culture intense qu'ils réalisaient également sur les autres parties de leurs possessions leur permettait de faire quotidiennement l'aumône du pain à plus de 500 pauvres.

Les chartreux au Moyen-Age se suffisaient à eux-mêmes pour les besoins industriels; ils fabriquaient des peaux, le fer, le verre, le plomb, etc.
Les tanneries de Montrieux passaient pour être des modèles où les professionnels achevaient de s'instruire.

Dans les bois d'Orvès nous avons constaté nous mêmes sur plusieurs points, à la Barrière, à Envès, près de la Font-Martin, des vestiges abondants de verrerie comme d'ailleurs nous en trouvâmes plus tard sur le territoire de Signes à Culde Peirouc, à Agni et à Bramapan dans la commune de Méounes. Une autorisation de l'évêque de Marseille en l'année 1285 accordait aux moines de fabriquer du verre dans les forêts de la baronnie.

Des scories nombreuses de minerai de plomb que nous avons constatées à l'Auberte, aux Sambles, dans le vallonnement des Rigoulets, près du St Trou et à la Font de Caume, n'ont pour nous d'autres provenance que l'activité des chartreux; ce sont eux en effet qui traitaient dans des fours rudimentaires dont nous avons trouvé les galènes apportées on ne sait d'où, probablement des Bormettes afin d'en extraire le plomb nécessaire à la construction où à la réparation des verrières du monastère.

Ajoutons que le service culturel du castrum était assuré par les pères qui chaque dimanche, et souvent dans la semaine, venaient célébrer la messe ou administrer les sacrements dans la petite église de St Michel, encore debout près de la ferme de Robeuf.

Les moines de Montrieux continuèrent à être la providence de toute la contrée jusqu'à la Révolution qui les dispersa brutalement, ruinant ainsi l'oeuvre agricole qu'ils avaient réussi à rendre prospère dans un lieu plutôt aide dont l'aspect désertique et désolé semble être de nos jour la marque d'une malédiction ."


"Outre l'ancienne commune d'Orvès , la section du Broussan comprend encore le quartier de la Piosine qui s'étend de la bastide ruinée du Marou jusqu'au plateau de l'Aigue , c'est à dire toutes les hauteurs basaltiques qui limitent la plaine du Beausset au nord-est.

Nous avons dit au début de cette étude, quelle était l'étonnante fertilité de ce terrain de crête, particulièrement cultivé dans l'antiquité.
Nous avons pu y relever les traces de plus de dix stations gallo-romaines, toutes à débris "sankens", marques évidentes d'une certaine aisance qui n'était pas seulement due à la fécondation du sol mais encore et surtout à l'exercice d'une industrie importante; la population de ce quartier était, en effet, composée de carriers qui consacraient la plus grande partie de leur temps à tailler des meules de toutes dimensions .
Nous avons compté plusieurs centaines d'ébauches de "meta" ou de "catilus" particulièrement , sur et autour du plateau de l'Aigue  où se trouvaient les points d'extractions, convertis aujourd'hui en mares par les pluies, d'où le nom d'Aigue  ou de Sueilles donné à ce promontoire rocheux , le plus beau belvédère de la contrée sur lequel s'élevait au temps de sa primitive utilisation, une tour de vigie, comme l'atteste un amas de grosses pierres plus ou moins équarries .

C'est à l'époque gallo-romaine qu'il faut faire remonter le nom de "ville" porté par les restes imposants d'une vieille habitation, située à l'est de la position qui nous occupe, auprès de laquelle nous avons ramassé de nombreux fragments de poteries samienne."

"Ville ou villa ne servait pas seulement à désigner un foyer, mais tout un quartier, toute une vallée, comprenant plusieurs familles de colons (colonicae).Le polyptique  de l'église de Marseille rédigé en 841 donne toute une série de villas portant chacune le nom du maître . Nous n'avons, il est vrai aucun document mentionnant le nom de notre "ville", mais comme ses restes gisent dans le quartier de la Piosine, non loin d'une vieille bastide qui a retenu cette appellation parce qu'elle a été la dernière habitée, se trouvant tout près d'un col de passage, et que d'autre part ce nom au XIVe siècle était porté par une terre fieffée, nous croyons avoir le droit de lui attribuer.

Comment cette villa Piosine  devint-elle dans la suite une seigneurie et quel en fut le premier possesseur lors du partage des terres provençales entre les vasseaux de Guillaume 1er, après l'extermination des sarrasins ?. Autant de questions auxquelles il nous est impossible de répondre.

Nous trouvons cependant dans l'histoire toulonnaise en 1285, un Guillem de Poisinis, damoiseau demeurant à Toulon, qui , le 30 septembre apposa sa signature au bas d'un acte, en vue de garantir sur ses biens, les revenus de la gabelle dont le montant annuel devait être affecté à l'édification des remparts.
Ce Guillem parait n'avoir rien de commun avec les vicomtes de Marseille . Comment son fief passa-t-il plus tard dans la famille des Signiers ?.
Par le jeu des alliances probablement."

    Après Le Broussan, Orvès et Nèbre, la visite continue avec Ste Anne.

L'abbé nous emmène à l'époque gallo-romaine à travers les bastides de Ste Anne au XVe siècle et avec les avatars liés à l'édification de sa chapelle.


"Ce quartier d'Evenos est sans contredit la portion la plus fertile de son territoire. Son hameau, de formation récente, mériterait à cause de sa position sur la route Toulon-Marseille, d'attirer à lui par le moyen d'une voie facile, la population des deux autres sections, ce qui aurait pour l'ensemble, l'important avantage de créer sur ce point, une vie économique plus facile et plus conforme  aux nécessités du jour.
Nos investigations à travers les diverses propriétés de ce quartier, nous firent découvrir, comme nous l'avons dit au commencement de cette étude, un nombre respectable de stations gallo-romaines, plus de dix, des plus riches, soit par la quantité et la variété des vestiges , soit par la qualité. Ainsi, pour n'en citer que quelques unes, celle de la Courentille où l'on peut voir encore un sol bétonné muni en son centre d'un trou circulaire de 0,40 de diamètre et supporté par un quadrilatère de murailles épaisses en partie noyées dans la terre, nous a donné une ample moisson de fragments de poteries anciennes luxueusement décorés.

Des fouilles que nous pratiquâmes au nord de la campagne des Andrieux, près d'un petit mur en pierres parfaitement équarries, nous fit mettre à jour les restes d'un hypocauste (fourreau souterrain qui chauffait les bains ou les chambres de bain à l'époque romaine), précédé de son foyer encore rempli de cendres, dans lesquelles nous découvrîmes  d'énormes clous entièrement oxydés. Au Ginestet et aux Hermittes, nous fîmes également une abondante récolte de débris de riches poteries anciennes. Mais la station la plus importante qui nous a donné la plus grande quantité de fragments saliens, plusieurs kilos, et des monnaies romaines, est celle de la propriété Delmas sur les bords de la Reppe, à deux cents mètres des limites de la commune, sur le territoire du Beausset; dans aucun endroit nous recueillîmes autant de débris de fine vaisselle, avec ornementation  en relief. 

Ce court aperçu sur des vestiges de quelques habitations gallo-romaines trouvés dans la campagne de Ste Anne nous prouve clairement qu'au commencement de notre ère, cette partie du territoire communal était comme aujourd'hui exploitée par une population nombreuse et aisée.

Comment s'éteignit-elle dans la suite ou sous quelle menace dût-elle se réfugier sous les murs du château d'Evenos, à supposer que celui-ci fut édifié pour la défendre ?.
Nous ne savons pas."

 

"C'est seulement vers la fin du Moyen-Age que les habitations se reformèrent  presque à l'emplacement de celles qui jadis avaient fait la prospérité de ce quartier.
Vers la fin du XVe siècle nous comptons 4 bastides en Christine, 3 sur le versant ouest de la Roque de Cimaï, 3 à Font-Vive, 3 aux Carteyrades, 1 aux Guis, 3 à la Cond
amine c'est à dire aux alentours de la villa de M.Chancel, 2 en Reppe et 5 en Morières.
Outre ces fermes, il y avait à la même époque un moulin à farine à la chute de la Foux, torrent souterrain facile à parcourir pendant l'été au moyen d'une bougie sur une longueur de plus de 300 m, un autre presque à l'extrémité nord de la vallée du Cimaï. Les ruines de ces petits minoteries sont encore très apparentes.
Deux moulins à huile, l'un situé à la bastide Coreil et l'autre à l'emplacement même de la Recenze actuelle répondaient pleinement aux besoins de la plaine.
Avec le progrès de l'agriculture, les habitants de ce quartier n'acceptèrent bientôt plus d'être obligés de monter à Evenos pour remplir leurs devoirs religieux. S
ur l'initiative des plus influents d'entre eux, une chapelle dédiées à Ste Anne mesurant à peine 8 m de long sur 4 m 50 de large, fut construite non loin de l'auberge appelée Cabot. Un père de l'Oratoire d'Ollioules en assurait tant bien que mal le service dominical.
Ce premier avantage obtenu ne tarda pas à en faire désirer d'autres. Les offices du dimanche n'étaient pas les seuls à mettre les gens de la plaine dans l'obligation de gravir les pentes raides d'Evenos, les baptêmes, les mariages et surtout les enterrements créaient autant de fois la même pénible nécessité.

Pour remédier à cet état de chose, il y avait pas d'autre moyen que celui de promouvoir à l'exemple du Broussan, l'érection  d'une succursale. On s'employa donc à cette solution.
Après de longues discutions au sein du conseil municipal de l'époque à propos du prix à payer par la commune, on opta pour la proposition  d'un entrepreneur qui s'offrit peu après à construire une nouvelle chapelle pour le prix de 3 500 livres. On convint unanimement d'édifier le nouveau sanctuaire le long de l'antique voie royale perpendiculaire à l'ancien qui serait transformé en habitation curiale. Les travaux rapidement menés se terminèrent vers la fin de 1780"

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